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Documentation clinique

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Pourquoi les lettres d'adressage vétérinaires ne parviennent pas à transférer l'historique clinique

Les lettres d'adressage incomplètes retardent le diagnostic et dupliquent les examens. Découvrez ce dont les spécialistes ont besoin et comment la documentation structurée comble cette lacune

Les lettres d'adressage vétérinaires figurent parmi les documents les plus riches en informations qu’un praticien généraliste produit, et aussi parmi les plus systématiquement incomplets. Lorsqu’un animal arrive dans une clinique spécialisée, la capacité du clinicien qui le reçoit à se préparer, à prioriser et à agir dépend presque entièrement de ce que le vétérinaire référent a consigné. Les équipes spécialisées en pratique vétérinaire européenne rencontrent régulièrement des lettres qui omettent des résultats diagnostiques, décrivent des traitements de façon vague ou arrivent sans imagerie associée. Les conséquences vont bien au-delà du simple désagrément administratif : diagnostics dupliqués, retards de diagnostic et décisions cliniques prises sans vision complète découlent tous d’une documentation défaillante dès sa rédaction.

Ce dont un spécialiste a réellement besoin dans une lettre d’adressage

Un spécialiste qui examine un cas avant l’arrivée de l’animal a besoin d’informations suffisamment structurées pour commencer à formuler une liste de diagnostics différentiels, identifier les examens déjà réalisés et planifier la consultation sans avoir à reconstituer l’historique depuis le début. C’est ce niveau de référence fonctionnel qui rend un adressage cliniquement utile.

Les éléments essentiels d’une lettre d’adressage vétérinaire complète comprennent :

  • Signalement complet : espèce, race, âge, sexe et statut reproducteur

  • Motif de consultation : clairement énoncé, avec début et évolution

  • Historique chronologique : une chronologie des signes cliniques, et non un paragraphe récapitulatif qui efface la séquence

  • Examens déjà réalisés : tests spécifiques, dates et résultats, et non une déclaration générale du type « analyses effectuées »

  • Traitements essayés : noms des médicaments, doses, voies d’administration et durée, et non « antibiotiques essayés »

  • Réponse au traitement : si l’animal s’est amélioré, s’est détérioré ou n’a montré aucun changement

  • Médicaments actuels : liste complète avec doses et fréquence

  • Statut vaccinal et antiparasitaire : souvent omis, systématiquement pertinent

Les recommandations professionnelles sur le contenu des lettres d’adressage vétérinaires précisent explicitement que l’omission des traitements ayant échoué ou des réactions médicamenteuses indésirables constitue une lacune particulièrement lourde de conséquences. Ce sont parmi les premières informations qu’un spécialiste doit connaître pour éviter de répéter une approche dont l’inefficacité a déjà été démontrée.

Les lacunes d’information les plus courantes dans les lettres d’adressage vétérinaires

Les lacunes les plus fréquemment rencontrées dans les cliniques spécialisées relèvent de catégories bien identifiées. L’imagerie diagnostique arrive sans étiquettes, sans marqueurs d’orientation ou sans la question clinique à laquelle elle était censée répondre. Les analyses sanguines de référence sont absentes, ou présentes mais non datées. Les historiques de traitement utilisent des descripteurs génériques, tels que « anti-inflammatoires » ou « cure d’antibiotiques », qui n’apportent aucune information au spécialiste sur la dose, la durée ou sur la pertinence réelle de l’essai thérapeutique.

Le statut vaccinal et le contrôle antiparasitaire figurent parmi les éléments les plus couramment omis, bien qu’ils soient directement pertinents pour le diagnostic différentiel dans de nombreuses situations. L’historique rapporté par le propriétaire est parfois inclus sans aucune indication de ce que le vétérinaire a observé ou mesuré lui-même. Dans d’autres cas, la lettre ne contient que l’impression clinique du vétérinaire, sans aucun retour de ce que le propriétaire a rapporté.

Chacune de ces lacunes a une conséquence pratique :

  • Imagerie absente ou non étiquetée : le spécialiste ne peut pas examiner le cas avant la consultation et peut devoir répéter l’examen

  • Analyses sanguines de référence manquantes : il devient impossible de suivre l’évolution ou d’identifier si une valeur a changé

  • Historiques de traitement vagues : il est impossible de déterminer si une classe de médicaments a réellement été essayée ou simplement mentionnée

  • Absence de statut vaccinal ou antiparasitaire : cela peut retarder ou fausser l’établissement d’une liste de diagnostics différentiels dans les cas infectieux ou parasitaires

  • Historique du propriétaire incomplet : le spécialiste doit reprendre un historique complet lors d’une consultation qui aurait dû dépasser ce stade

Pourquoi ces lacunes surviennent lors de la rédaction

Les raisons structurelles pour lesquelles les lettres d’adressage sont incomplètes avant de quitter le cabinet référent sont bien comprises en soins primaires, même si elles sont rarement examinées directement dans la littérature vétérinaire. La pression temporelle en fin de consultation est le facteur le plus souvent cité. La lettre d’adressage est rédigée après la consultation, de mémoire, sans extraire systématiquement les informations du dossier médical.

Il existe une distinction importante entre deux types de lacunes. La première concerne les informations qui n’ont jamais été enregistrées : une observation clinique notée verbalement mais non documentée, une dose de traitement non saisie dans les notes cliniques, un historique rapporté par le propriétaire non consigné. La seconde concerne les informations qui existent dans le dossier clinique mais n’ont pas été transférées dans la lettre d’adressage, soit parce que le vétérinaire écrivait de mémoire, soit parce qu’aucun processus structuré n’existait pour compiler les éléments pertinents.

Les deux types sont courants. Les deux peuvent être traités par des moyens différents. Le premier nécessite une meilleure pratique de documentation au moment des soins. Le second nécessite un processus d’adressage plus structuré, s’appuyant directement sur les dossiers existants plutôt que sur la mémoire.

D’autres facteurs contributifs incluent :

  • Absence de format d’adressage standardisé : sans modèle, la structure de la lettre dépend entièrement de la discrétion du rédacteur, et les lacunes restent invisibles jusqu’à ce que le spécialiste les découvre

  • Supposition que le spécialiste reconstituera l’historique : une croyance, souvent implicite, que le clinicien qui reçoit le dossier comblera les manques en interrogeant le propriétaire ou en demandant directement les dossiers

  • Dépendance à la communication informelle : certains vétérinaires référents supposent qu’un appel téléphonique ou un échange de courriels complétera la lettre écrite, ce qui n’arrive pas toujours et crée une voie d’information non documentée

Comment les schémas de communication d’adressage varient dans la pratique vétérinaire européenne

Il n’existe pas de norme unique à l’échelle de l’UE pour la documentation d’adressage vétérinaire. Le format, le contenu et la qualité des lettres d’adressage varient considérablement d’un pays européen à l’autre, reflétant les différences dans les programmes d’enseignement vétérinaire, les recommandations des organismes professionnels nationaux et l’utilisation de systèmes cliniques numériques intégrés ou de dossiers papier.

Dans les pays où les systèmes cliniques numériques sont bien implantés en pratique générale, il existe au moins la possibilité structurelle d’extraire les informations directement du dossier pour une lettre d’adressage. Là où les dossiers papier restent courants, la lettre est nécessairement une reconstruction manuelle de ce que le vétérinaire peut retrouver et se rappeler.

Les organismes professionnels nationaux de certains pays européens fournissent des recommandations ou des modèles de lettres d’adressage. Dans d’autres, aucune orientation de ce type n’existe. Il en résulte que les cliniques spécialisées, y compris les grands hôpitaux de référence tels que le Queen Mother Hospital for Animals du RVC, l’un des plus grands hôpitaux vétérinaires de référence d’Europe, reçoivent régulièrement des lettres dans des formats incohérents et au contenu variable, nécessitant un tri avant que le travail clinique puisse débuter.

Les directives d’adressage de l’American Animal Hospital Association, publiées en janvier 2026 et premières directives que l’AAHA consacre spécifiquement au processus d’adressage, représentent une tentative de fournir un cadre partagé. Ce sont des directives nord-américaines, et leur adoption en pratique européenne n’est pas garantie. Les directives elles-mêmes reconnaissent que des recherches supplémentaires sont nécessaires pour soutenir certaines de leurs recommandations, ce qui reflète le manque de données probantes plus large dans ce domaine.

Où la continuité des soins se rompt en conséquence

Les conséquences cliniques des lettres d’adressage incomplètes suivent un schéma cohérent que tout spécialiste ayant examiné des dossiers entrants reconnaîtra.

Les diagnostics dupliqués sont la conséquence la plus immédiate et mesurable. Lorsqu’un spécialiste ne peut pas confirmer qu’un test a été effectué, ou ne peut pas accéder au résultat, la solution par défaut est de le répéter. Cela ajoute des coûts, prolonge le délai de diagnostic et, dans certains cas, en particulier avec l’imagerie, expose l’animal à des procédures inutiles.

Le retard de diagnostic survient lorsque la consultation spécialisée est consacrée à reconstituer l’historique plutôt qu’à faire progresser le bilan clinique. Une consultation qui devrait commencer par un examen ciblé et une liste de diagnostics différentiels éclairée par l’investigation préalable commence plutôt par une reprise d’historique déjà réalisée par le vétérinaire référent.

Le rappel du propriétaire comme substitut aux dossiers cliniques est une voie d’information particulièrement fragile. On demande aux propriétaires de se souvenir de noms de médicaments, de doses et de chronologies qu’ils n’étaient jamais censés retenir. Les informations qu’ils fournissent peuvent être incomplètes, inexactes ou formulées de façon cliniquement trompeuse sans le contexte des notes de consultation originales.

Les décisions de traitement prises sans vision complète représentent la conséquence la plus grave. Lorsqu’un spécialiste ne sait pas ce qui a déjà été tenté, à quelle dose ou avec quel résultat, le risque de répéter une approche thérapeutique inadéquate, ou de manquer un schéma qui aurait été visible à partir d’un historique complet, est réel.

L’analogie avec la médecine humaine est éclairante. Une étude évaluée par les pairs sur la qualité des lettres d’adressage a constaté que 74 % de 1 000 lettres d’adressage contenaient des informations inadéquates, avec symptômes, diagnostic et signes cliniques rapportés dans seulement 28,3 %, 28,9 % et 3,6 % des lettres respectivement. Une enquête canadienne auprès de plus de 3 000 médecins généralistes et spécialistes a révélé que 51 % des lettres d’adressage avaient une raison d’adressage peu claire, une constatation qui affecte directement la capacité d’un spécialiste à prioriser les cas entrants. Bien que ces études portent sur la médecine humaine, les dynamiques structurelles de la relation d’adressage entre soins primaires et secondaires sont étroitement analogues.

Comme la recherche sur le contenu des lettres d’adressage dans les soins spécialisés l’a établi, la lettre d’adressage constitue la base pour prioriser les patients entrants et coordonner les soins entre services, une fonction qu’elle ne peut remplir si les informations qu’elle contient sont incomplètes.

Ce que les formats de documentation structurés peuvent corriger, et ce qu’ils ne peuvent pas

Les modèles d’adressage structurés, avec des champs standardisés pour le signalement, l’historique, les examens diagnostiques, les médicaments actuels et le raisonnement clinique, traitent un mode de défaillance spécifique : l’omission causée par l’absence d’invite. Lorsqu’un modèle exige qu’un champ soit complété, la lacune devient visible avant l’envoi de la lettre. Un vétérinaire rédigeant une lettre en texte libre peut ne pas remarquer que le statut vaccinal est manquant. Un vétérinaire remplissant un formulaire structuré verra immédiatement un champ vide.

C’est une amélioration réelle. Les données probantes issues de la médecine humaine le confirment. Les études sur l’impact des modèles d’adressage montrent que les formats structurés réduisent la fréquence des informations manquantes et améliorent la cohérence des lettres d’adressage au sein d’un cabinet ou d’un système.

Les limites des modèles sont tout aussi importantes à reconnaître. Un modèle ne peut pas remplir un champ pour lequel aucune note clinique n’existe. Si une dose de médicament n’a pas été enregistrée au moment de la prescription, le modèle révélera la lacune mais ne pourra pas la combler. Les modèles ne fonctionnent que s’ils sont intégrés aux outils que les vétérinaires utilisent au moment des soins. Un modèle qui nécessite une connexion séparée, un système différent ou une ressaisie manuelle d’informations déjà présentes dans le dossier médical ne sera pas utilisé de façon cohérente sous pression temporelle. L’adoption n’est pas automatique. Les directives d’adressage 2025 de l’American Animal Hospital Association fournissent un cadre, mais la mise en œuvre dépend de décisions prises au niveau du cabinet concernant le flux de travail et les outils.

Les modèles structurés sont une condition nécessaire mais non suffisante à de meilleures lettres d’adressage.

Le rôle de la qualité des notes cliniques dans la qualité des lettres d’adressage

Une lettre d’adressage est un résultat en aval. Sa qualité dépend, dans une large mesure, de la qualité des notes cliniques rédigées lors de chaque consultation antérieure avec ce patient. Si ces notes sont incomplètes, vagues ou structurées de façon incohérente, la lettre d’adressage le reflétera, quelle que soit l’attention portée à sa rédaction.

Améliorer la qualité des lettres d’adressage n’est pas seulement une question de formatage. C’est une question de pratique continue de documentation médicale à chaque consultation. Un historique de traitement enregistré comme « antibiotiques, cure terminée » au moment de la prescription ne peut pas être transformé en « amoxicilline-clavulanate 12,5 mg/kg deux fois par jour pendant 14 jours, sans amélioration des signes cliniques » au moment de l’adressage, car cette information n’a jamais été notée.

La variable fondamentale à améliorer n’est pas la lettre d’adressage elle-même, mais la note clinique. Un cabinet qui enregistre systématiquement les noms de médicaments, les doses, les voies d’administration, les durées et les réponses au traitement dans des notes cliniques structurées produira de meilleures lettres d’adressage comme conséquence naturelle, car l’information existe pour être transférée.

L’écart entre ce que le vétérinaire référent sait et ce que le spécialiste reçoit n’est parfois pas un échec de communication, mais un échec de documentation survenu des semaines ou des mois plus tôt, lors de consultations de routine que personne n’imaginait devoir intégrer à un dossier d’adressage.

À quoi ressemble une bonne pratique : l’information sur laquelle un spécialiste peut agir immédiatement

Une lettre d’adressage qui fonctionne comme un outil clinique, plutôt que comme une formalité, permet au spécialiste de : consulter le cas, identifier les questions cliniques clés, formuler une liste de diagnostics différentiels et déterminer quels examens diagnostiques ont déjà été réalisés et lesquels restent à faire, avant même l’arrivée de l’animal.

En pratique, cela signifie une lettre qui comprend :

  • Un motif d’adressage clair et précis, non pas « suspicion d’affection cutanée » mais « pyodermite superficielle récurrente avec deux échecs de traitement sous cures antibiotiques appropriées, suspicion d’étiologie allergique ou endocrinienne sous-jacente »

  • Un historique clinique chronologique avec dates, et non un résumé qui efface la séquence des événements

  • Tous les résultats diagnostiques, étiquetés et datés, avec imagerie jointe ou confirmée comme disponible pour transfert

  • Une liste complète de médicaments avec doses, et non des noms de classes de médicaments

  • Une mention explicite de ce qui a été tenté et de la réponse obtenue

  • La préoccupation principale et les attentes du propriétaire, lorsque pertinent pour l’adressage

C’est un critère pratique. Un spécialiste qui reçoit une lettre répondant à cette norme peut consacrer le temps de consultation à l’examen et à la prise de décision clinique, plutôt qu’à la reconstitution de l’historique. L’animal bénéficie d’une consultation plus ciblée. Le propriétaire bénéficie d’un service mieux coordonné.

Comment les outils de documentation assistés par IA commencent à traiter ce problème en pratique vétérinaire

Les assistants médicaux IA, outils logiciels utilisant l’intelligence artificielle pour aider les cliniciens à capturer et structurer les informations cliniques, commencent à être utilisés en pratique vétérinaire en Europe. Leur fonction principale dans ce contexte est d’aider les cliniciens à recueillir des historiques cliniques complets pendant la consultation elle-même. Ce mécanisme est directement pertinent pour la qualité des lettres d’adressage : si un assistant médical IA capture une note de consultation structurée en temps réel, incluant les noms de médicaments, les doses, les réponses au traitement et les observations cliniques, ces informations seront disponibles pour rédiger une lettre d’adressage précise le moment venu, sans dépendre de la mémoire.

L’exigence d’intégration est essentielle. Pour que ces outils améliorent la qualité des lettres d’adressage, ils doivent fonctionner au sein des systèmes de dossiers médicaux déjà utilisés par les vétérinaires, et non comme des plateformes séparées nécessitant une saisie de données supplémentaire. La valeur réside dans la réduction de l’écart entre ce qui se passe en consultation et ce qui apparaît dans le dossier clinique, et par extension, dans la lettre d’adressage.

Les outils de documentation IA traitent le second type de lacune identifié plus haut : l’information qui existe mais n’est pas transférée. Ils ne traitent pas le premier type, c’est-à-dire l’information qui n’a jamais été capturée parce qu’une observation clinique n’a pas été faite ou reconnue. Le jugement clinique du vétérinaire référent reste le fondement irréductible de toute lettre d’adressage, quels que soient les outils utilisés pour la documenter.

La base de données probantes plus large pour la documentation assistée par IA en pratique vétérinaire est encore en développement, et le degré auquel ces outils améliorent l’exhaustivité des lettres d’adressage en pratique européenne réelle n’a pas encore été étudié à grande échelle. Ce que suggèrent les données probantes issues de la médecine humaine, et ce que la logique structurelle soutient, c’est que les outils qui réduisent la charge administrative au moment des soins sont plus susceptibles de produire des dossiers complets que ceux qui exigent un effort supplémentaire après la consultation.

Questions fréquemment posées

▶ Quelles informations une lettre d’adressage vétérinaire doit-elle inclure ?

Une lettre d’adressage vétérinaire complète doit inclure le signalement complet de l’animal (espèce, race, âge, sexe et statut reproducteur), un motif de consultation clairement énoncé avec début et évolution, un historique clinique chronologique, tous les examens diagnostiques réalisés avec dates et résultats précis, les traitements essayés avec noms de médicaments, doses, voies d’administration et durée, la réponse de l’animal à chaque traitement, les médicaments actuels avec doses et fréquence, ainsi que le statut vaccinal et antiparasitaire. L’omission des traitements ayant échoué ou des réactions médicamenteuses indésirables est une lacune particulièrement lourde de conséquences, car ce sont parmi les premières informations dont un spécialiste a besoin pour éviter de répéter une approche qui n’a pas fonctionné.

▶ Quelles sont les lacunes les plus courantes dans les lettres d’adressage vétérinaires ?

Les lacunes les plus fréquentes incluent l’imagerie diagnostique qui arrive sans étiquettes ni marqueurs d’orientation, les analyses sanguines de référence qui sont absentes ou non datées, et les historiques de traitement qui utilisent des descripteurs vagues tels que « anti-inflammatoires » ou « cure d’antibiotiques » au lieu de noms de médicaments, doses et durées précises. Le statut vaccinal et le contrôle antiparasitaire figurent parmi les éléments les plus souvent omis, bien qu’ils soient directement pertinents pour le diagnostic différentiel. L’historique incomplet du propriétaire est également courant, obligeant le spécialiste à reprendre un historique complet lors d’une consultation qui aurait dû dépasser ce stade.

▶ Pourquoi les lettres d’adressage vétérinaires sont-elles si souvent incomplètes ?

La pression temporelle en fin de consultation est le facteur le plus souvent cité. Les lettres d’adressage sont généralement rédigées après la consultation, de mémoire, sans extraire systématiquement les informations du dossier médical. Il existe deux types distincts de lacunes : les informations qui n’ont jamais été enregistrées, et celles qui existent dans le dossier clinique mais n’ont pas été transférées dans la lettre d’adressage. Les deux sont courants. L’absence de format d’adressage standardisé, la supposition que le spécialiste reconstituera l’historique, et la dépendance à la communication informelle comme les appels téléphoniques ou les courriels y contribuent également.

▶ Quelles sont les conséquences cliniques d’une lettre d’adressage vétérinaire incomplète ?

Les diagnostics dupliqués sont la conséquence la plus immédiate. Lorsqu’un spécialiste ne peut pas confirmer qu’un test a été effectué ou accéder au résultat, la solution par défaut est de le répéter, ce qui ajoute des coûts et prolonge le délai de diagnostic. Le retard de diagnostic survient lorsque la consultation spécialisée est consacrée à reconstituer l’historique plutôt qu’à faire progresser le bilan clinique. Le rappel du propriétaire devient un substitut aux dossiers cliniques, ce qui est une voie d’information fragile. La conséquence la plus grave est la prise de décisions thérapeutiques sans vision complète, avec le risque de répéter un parcours inadéquat ou de manquer un schéma qui aurait été visible avec un historique complet.

▶ Existe-t-il un format standard pour les lettres d’adressage vétérinaires en Europe ?

Il n’existe pas de norme unique à l’échelle de l’UE pour la documentation d’adressage vétérinaire. Le format, le contenu et la qualité varient considérablement d’un pays européen à l’autre, reflétant les différences dans les programmes d’enseignement vétérinaire, les recommandations des organismes professionnels nationaux et l’utilisation de systèmes cliniques numériques intégrés ou de dossiers papier. Certains organismes professionnels nationaux fournissent des recommandations ou des modèles de lettres d’adressage. Dans d’autres, aucune orientation de ce type n’existe. L’American Animal Hospital Association a publié des directives d’adressage en janvier 2026, les premières qu’elle consacre spécifiquement au processus d’adressage, mais ce sont des directives nord-américaines et leur adoption en pratique européenne n’est pas garantie.

▶ Les modèles d’adressage structurés améliorent-ils la qualité des lettres d’adressage vétérinaires ?

Les modèles d’adressage structurés traitent un mode de défaillance spécifique : l’omission causée par l’absence d’invite. Lorsqu’un modèle exige qu’un champ soit complété, la lacune devient visible avant l’envoi de la lettre. Les données issues de la médecine humaine le confirment, avec des études montrant que les formats structurés réduisent la fréquence des informations manquantes et améliorent la cohérence. Cependant, les modèles ont des limites claires. Un modèle ne peut pas remplir un champ pour lequel aucune note clinique n’existe, et ils ne fonctionnent que s’ils sont intégrés aux outils utilisés au moment des soins. Les modèles structurés sont une condition nécessaire mais non suffisante à de meilleures lettres d’adressage.

▶ Comment la qualité des notes cliniques affecte-t-elle la qualité des lettres d’adressage vétérinaires ?

Une lettre d’adressage est un résultat en aval, et sa qualité dépend largement de la qualité des notes cliniques rédigées lors de chaque consultation antérieure. Si ces notes sont incomplètes ou vagues, la lettre d’adressage le reflétera, quelle que soit l’attention portée à sa rédaction. Un traitement enregistré comme « antibiotiques, cure terminée » au moment de la prescription ne peut pas être transformé en un nom de médicament précis, une dose et une réponse au traitement au moment de l’adressage, car cette information n’a jamais été notée. La variable fondamentale à améliorer est la note clinique elle-même, non la lettre d’adressage. Un cabinet qui enregistre systématiquement les noms de médicaments, les doses, les voies d’administration, les durées et les réponses au traitement produira de meilleures lettres d’adressage comme conséquence naturelle.

▶ À quoi ressemble une lettre d’adressage sur laquelle un spécialiste peut agir immédiatement ?

Une lettre d’adressage qui fonctionne comme un outil clinique comprend un motif d’adressage précis plutôt qu’un descripteur vague, un historique clinique chronologique avec dates, tous les résultats diagnostiques étiquetés et datés avec imagerie jointe ou confirmée comme disponible, une liste complète de médicaments avec doses plutôt que des noms de classes de médicaments, une mention explicite de ce qui a été tenté et de la réponse obtenue, et la préoccupation principale du propriétaire lorsque pertinent. Un spécialiste qui reçoit une lettre répondant à cette norme peut consacrer le temps de consultation à l’examen et à la prise de décision clinique plutôt qu’à la reconstitution de l’historique.

▶ Les outils de documentation IA peuvent-ils améliorer l’exhaustivité des lettres d’adressage vétérinaires ?

Les assistants médicaux IA, outils logiciels utilisant l’intelligence artificielle pour aider les cliniciens à capturer et structurer les informations cliniques, commencent à être utilisés en pratique vétérinaire en Europe. Leur intérêt principal pour la qualité des lettres d’adressage réside dans la capture de notes de consultation structurées en temps réel, incluant les noms de médicaments, les doses, les réponses au traitement et les observations cliniques, de sorte que ces informations soient disponibles pour rédiger une lettre d’adressage précise sans dépendre de la mémoire. Ces outils traitent la lacune où l’information existe mais n’est pas transférée. Ils ne traitent pas l’information qui n’a jamais été capturée parce qu’une observation clinique n’a pas été faite ou reconnue. La base de données probantes pour la documentation assistée par IA en pratique vétérinaire est encore en développement.

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