Systèmes de dossiers médicaux les plus utilisés par les médecins généralistes français
Découvrez les principales plateformes DPI utilisées par les médecins généralistes français, notamment Doctolib Pro, Weda, MédiStory et HelloDoc, et comment elles répondent aux exigences de conformité nationales

La France dispose de l'un des environnements informatiques de santé les plus réglementés d'Europe. Le logiciel qu'un médecin généraliste utilise pour gérer les dossiers patients se situe à l'intersection de la pratique clinique, de l'infrastructure nationale et du droit de la conformité. Contrairement aux pays où l'adoption reste inégale ou volontaire, les médecins généralistes français doivent utiliser un logiciel certifié et interopérable pour participer au système de santé national, que ce soit pour le traitement des demandes de remboursement auprès de la Sécurité sociale ou la contribution au dossier patient national partagé. Il en résulte un marché mature mais en évolution rapide, où une poignée de fournisseurs établis se disputent la place avec de nouveaux entrants natifs du cloud, et où les capacités de l'intelligence artificielle commencent à transformer la documentation médicale au point de soins.
Comment fonctionnent les systèmes de dossiers médicaux dans les soins primaires français
Pour un médecin généraliste français, le système de dossiers médicaux n'est pas simplement un classeur numérique. C'est le cœur opérationnel du cabinet.
Au cours d'une journée de travail type, un clinicien utilise son système de dossiers médicaux pour enregistrer les comptes rendus de consultation, générer des ordonnances, délivrer des arrêts de travail, produire des courriers aux patients et gérer les lettres d'adressage vers les soins secondaires. Le logiciel gère également les transactions SESAM-Vitale, le processus de facturation électronique par lequel les cabinets soumettent les demandes de remboursement à l'Assurance Maladie, ce qui le lie directement aux revenus du cabinet.
Au-delà de la consultation individuelle, les systèmes de dossiers médicaux en France doivent se connecter aux plateformes nationales. Le Dossier Médical Partagé, désormais intégré à Mon Espace Santé, le dossier de santé national universel lancé en 2022, permet le partage des données patients entre les différents contextes de soins. Le système de dossiers médicaux d'un médecin généraliste doit pouvoir envoyer des documents vers ce dossier national et en extraire des informations, faisant de l'interopérabilité une exigence de base plutôt qu'une fonctionnalité optionnelle.
Le paysage informatique de santé français : contexte clé
L'architecture réglementaire régissant les logiciels de dossiers médicaux en France est plus prescriptive que dans de nombreux systèmes comparables. Plusieurs niveaux de conformité déterminent ce que les fournisseurs peuvent proposer et ce que les médecins généralistes peuvent utiliser.
Le Ségur du numérique en santé est le programme de modernisation de la santé numérique du gouvernement français, qui définit les exigences d'interopérabilité et de certification pour tous les logiciels utilisés dans les établissements de santé. Les systèmes doivent porter un label Ségur pour pouvoir être utilisés dans les cabinets qui interagissent avec l'infrastructure de santé nationale. Ce label atteste de la conformité aux normes d'échange de données, de partage de dossiers patients et de connectivité avec Mon Espace Santé.
La certification Hébergeur de Données de Santé est une exigence légale pour toute organisation hébergeant des données de santé personnelles en France. Selon la loi française, les données patients doivent être stockées sur des serveurs certifiés selon cette norme, qui fixe des exigences strictes en matière de sécurité physique, de contrôles d'accès et de gestion des données. Pour les médecins généralistes qui évaluent les fournisseurs de systèmes de dossiers médicaux, la certification Hébergeur de Données de Santé est un prérequis incontournable, et non un facteur de différenciation.
L'Agence du Numérique en Santé est l'organisme national responsable de la définition et de l'application de ces normes. Elle publie les cadres de référence auxquels les fournisseurs doivent se conformer et supervise le processus de labellisation des logiciels conformes au Ségur. L'Agence du Numérique en Santé coordonne également les spécifications techniques pour l'interopérabilité avec Mon Espace Santé et le Dossier Médical Partagé.
La compatibilité SESAM-Vitale est tout aussi fondamentale. Il s'agit du système électronique par lequel les médecins généralistes traitent les demandes de remboursement auprès de l'Assurance Maladie à l'aide de la Carte Vitale du patient. Sans intégration SESAM-Vitale, un cabinet ne peut pas facturer l'Assurance Maladie par voie électronique, ce qui signifie en pratique qu'aucun système de dossiers médicaux conforme ne fait l'impasse sur cette fonctionnalité.
Les systèmes de dossiers médicaux les plus utilisés dans la médecine générale française
Les données de parts de marché issues des transmissions électroniques de feuilles de soins envoyées via le GIE SESAM-Vitale fournissent la mesure objective la plus fiable de l'utilisation réelle des systèmes de dossiers médicaux en France. Contrairement aux chiffres rapportés par les fournisseurs ou aux données d'enquête, cette approche permet de savoir quel logiciel est effectivement utilisé pour traiter les demandes des patients. Les systèmes suivants représentent les principales plateformes de la médecine générale française en 2026.
Doctolib Pro (module de dossier médical)
Doctolib est le système de dossiers médicaux le plus utilisé parmi les médecins généralistes français, détenant environ 23 % du marché des logiciels pour médecins généralistes en mars 2026, une position atteinte après son entrée sur le marché de la documentation médicale vers 2019. Cette trajectoire reflète une expansion stratégique de la prise de rendez-vous vers la documentation médicale complète.
La plateforme Doctolib Pro propose désormais des modèles de notes de consultation, la gestion des synthèses patients, la prescription électronique et l'intégration avec Mon Espace Santé, en plus de son infrastructure de réservation en ligne déjà établie. La rapidité de l'ascension de Doctolib est remarquable dans un marché où les coûts de changement sont élevés et les habitudes des cliniciens bien ancrées.
Sa croissance a été en partie portée par sa présence initiale en tant qu'outil de planification, ce qui lui a permis d'établir une relation avec les médecins généralistes avant d'investir le domaine de la documentation médicale. Pour les médecins généralistes nouvellement installés ou ceux qui utilisaient déjà Doctolib pour les rendez-vous, l'offre intégrée réduit le besoin de gérer plusieurs plateformes.
Weda
Weda est le deuxième système le plus adopté parmi les médecins généralistes français, avec environ 14 % de part de marché. Il s'agit d'une plateforme native du cloud, ce qui signifie qu'elle ne nécessite aucune infrastructure de serveur local et est accessible via un navigateur. Cette architecture séduit particulièrement les jeunes médecins généralistes ou ceux qui créent de nouveaux cabinets et préfèrent les solutions SaaS aux installations sur site.
Weda bénéficie de la certification Hébergeur de Données de Santé et du label Ségur, répondant à toutes les exigences françaises en matière de résidence des données et d'interopérabilité. Sa croissance ces dernières années reflète un changement structurel plus large du marché français des systèmes de dossiers médicaux, qui s'éloigne des systèmes installés sur site au profit d'alternatives hébergées dans le cloud.
MédiStory (par Cegedim)
MédiStory, développé par Cegedim, détient environ 10 % du marché des médecins généralistes. Cegedim est l'une des entreprises de technologies de l'information de santé les plus anciennes en France, et MédiStory représente son offre actuelle pour les soins primaires. La plateforme comprend la documentation médicale, la facturation SESAM-Vitale, la prescription électronique et la connectivité avec l'infrastructure de santé nationale.
Des comparaisons indépendantes notent que MédiStory intègre un assistant d'intelligence artificielle, une fonctionnalité qui reflète l'investissement de Cegedim dans l'amélioration des flux de travail de documentation médicale. Le système est destiné aux cabinets établis qui recherchent une plateforme complète et conforme d'un fournisseur ayant des racines profondes dans le marché français de la santé.
HelloDoc (par CGM)
HelloDoc est exploité par CompuGroup Medical, l'un des plus grands fournisseurs de systèmes de dossiers médicaux en Europe, et détient environ 8 % du marché français des médecins généralistes. CompuGroup Medical se présente comme un leader du marché auprès des professionnels de santé indépendants en France, et HelloDoc a été l'un de ses produits phares pour les médecins généralistes pendant de nombreuses années.
La plateforme couvre l'ensemble des besoins de documentation des soins primaires, y compris les dossiers de consultation, la gestion des ordonnances et l'intégration SESAM-Vitale. Elle fait partie d'un portefeuille CompuGroup Medical plus large qui comprend plusieurs autres produits ciblant différents segments du marché français de la santé.
Crossway (par Cegedim)
Crossway est un ancien produit Cegedim qui précède MédiStory et a été pendant de nombreuses années l'un des systèmes les plus établis dans les soins primaires français. Il reste utilisé par les médecins généralistes qui l'ont adopté avant l'arrivée de nouvelles alternatives, bien que les données de marché indiquent que sa part a diminué à mesure que le marché s'est orienté vers des plateformes natives du cloud.
Il offre des fonctionnalités de base, notamment la gestion des dossiers patients, la génération d'ordonnances et la facturation SESAM-Vitale, et il reste répertorié parmi les options recommandées pour les médecins généralistes français dans les guides comparatifs de 2026.
AxiSanté (par CGM)
AxiSanté illustre l'une des trajectoires les plus spectaculaires du marché français des systèmes de dossiers médicaux. Détenant autrefois environ 16 % du marché des médecins généralistes, il est tombé à moins de 0,2 %, un effondrement qui peut refléter, entre autres facteurs, des difficultés à suivre le rythme des exigences d'interopérabilité et des attentes des utilisateurs.
CompuGroup Medical a réagi en développant Libellia, une nouvelle plateforme lancée en 2025, qui intègre la transcription vocale et est destinée à remplacer les anciens produits de son portefeuille.
Comment ces systèmes se connectent à l'infrastructure de santé nationale
Tous les systèmes de dossiers médicaux conformes au Ségur utilisés dans les soins primaires français doivent s'intégrer à un ensemble de plateformes nationales qui forment l'épine dorsale de l'écosystème français de santé numérique.
Mon Espace Santé et le Dossier Médical Partagé : Le Dossier Médical Partagé, désormais intégré à Mon Espace Santé, est le dossier de santé patient partagé national. Les médecins généralistes utilisent leur système de dossiers médicaux pour envoyer des synthèses de consultation, des documents de sortie et d'autres comptes rendus vers cette plateforme, où d'autres cliniciens traitants et, dans une certaine mesure, les patients eux-mêmes peuvent y accéder.
Prescription électronique : Les systèmes de dossiers médicaux français prennent en charge la génération d'ordonnances électroniques, qui s'intègrent aux systèmes de délivrance des pharmacies. Cela réduit les erreurs de transcription et facilite le suivi des médicaments dans les différents contextes de soins.
SESAM-Vitale : Chaque système de dossiers médicaux conforme doit permettre la soumission électronique de feuilles de soins via le réseau SESAM-Vitale, en utilisant les données lues sur la puce de la Carte Vitale du patient. C'est le mécanisme par lequel les cabinets reçoivent le remboursement de l'Assurance Maladie pour les consultations.
Interopérabilité avec les soins secondaires : Le degré auquel les systèmes de dossiers médicaux de soins primaires peuvent échanger des données structurées avec les systèmes hospitaliers reste variable. La recherche sur les données de soins primaires néerlandaises met en évidence comment différents pipelines d'extraction de données dans les contextes de soins peuvent produire des incohérences significatives. Ce défi n'est pas propre à la France, et l'initiative de l'Espace européen des données de santé vise à y remédier progressivement.
Ce que les médecins généralistes français privilégient lors du choix d'un système de dossiers médicaux
Lors de l'évaluation d'un logiciel de dossiers médicaux, les médecins généralistes français prennent en compte une combinaison de facteurs réglementaires, opérationnels et pratiques. Sur la base de guides comparatifs et d'analyses de marché publiés en 2026, les principaux critères de décision comprennent :
Label Ségur du numérique : Sans cela, un système ne peut légalement se connecter à Mon Espace Santé ou au Dossier Médical Partagé, ce qui le rend inutilisable pour tout médecin généraliste participant au système de santé national.
Certification Hébergeur de Données de Santé : Requise pour tout fournisseur hébergeant des données patients. Il est conseillé aux médecins généralistes de vérifier cette certification de manière indépendante plutôt que de se fier aux déclarations des fournisseurs.
Compatibilité SESAM-Vitale : Fondamentale pour la facturation. Tout système dépourvu de cette compatibilité ne peut pas traiter les remboursements de Sécurité sociale par voie électronique.
Facilité de codage médical : La prise en charge de la saisie de données structurées à l'aide de terminologies standard réduit la charge documentaire et améliore la qualité des données à des fins cliniques et administratives.
Prise en charge des consultations à distance et virtuelles : La croissance de la téléconsultation dans les soins primaires français, accélérée pendant la période COVID-19, a fait de la prise en charge des flux de travail de consultation à distance un critère de sélection important.
Réduction de la charge documentaire : Les médecins généralistes citent systématiquement le temps consacré à la documentation comme un facteur majeur de stress professionnel. Les fonctionnalités qui automatisent ou rationalisent la prise de notes, la génération d'ordonnances et la facturation pèsent lourd dans les décisions d'achat.
Prix et coûts de transition : Les systèmes basés sur le cloud comportent souvent des frais d'abonnement mensuels, tandis que les systèmes sur site peuvent impliquer des coûts initiaux plus élevés. Les examens comparatifs relèvent une variation significative des structures tarifaires entre les fournisseurs.
Le rôle de l'intelligence artificielle dans les systèmes de dossiers médicaux de soins primaires français
Les capacités de l'intelligence artificielle commencent à pénétrer le marché français des systèmes de dossiers médicaux de soins primaires, bien que l'adoption reste inégale et que la base de preuves de l'impact clinique soit encore en développement.
L'application la plus visible actuellement est la technologie vocale ambiante et la transcription en temps réel, c'est-à-dire la capacité d'écouter une consultation et de générer automatiquement un brouillon de note clinique. Libellia de CompuGroup Medical, lancé en 2025, intègre nativement la transcription vocale. MédiStory de Cegedim est présenté comme incluant un assistant d'intelligence artificielle intégré. Ces fonctionnalités visent à réduire le temps que les médecins généralistes passent à taper des notes pendant ou après les consultations, une composante importante de la charge documentaire globale.
Au-delà de la transcription, l'aide à la décision clinique, où l'intelligence artificielle fait remonter des informations cliniques pertinentes, signale des interactions médicamenteuses potentielles ou suggère des codes de diagnostic, est un autre domaine de développement. L'intégration de telles fonctionnalités dans les systèmes de dossiers médicaux de soins primaires en France en est à un stade plus précoce que dans certains autres systèmes de santé.
La documentation médicale générée par l'intelligence artificielle soulève ses propres défis. La précision, la responsabilité et la nécessité d'une relecture par le clinicien des notes rédigées par l'intelligence artificielle sont autant de préoccupations actuelles. La classification réglementaire des outils de documentation assistés par l'intelligence artificielle en tant que dispositifs médicaux au titre du Règlement sur les dispositifs médicaux est un domaine en évolution qui influencera la manière dont les fournisseurs pourront commercialiser et déployer ces fonctionnalités.
L'expérience de systèmes de santé voisins offre un contexte pertinent. La recherche sur l'adoption des dossiers patients électroniques en Suisse romande a révélé que si les premiers utilisateurs d'outils de santé numériques étaient souvent très instruits et engagés, une adoption plus large se heurtait à des obstacles, notamment la résistance professionnelle et les préoccupations concernant la convivialité. Bien que les comparaisons directes soient limitées, ces tendances suggèrent que des obstacles similaires pourraient mériter d'être surveillés à mesure que les fonctionnalités d'intelligence artificielle sont introduites dans les systèmes de soins primaires français.
Défis et lacunes dans l'écosystème actuel des systèmes de dossiers médicaux
Malgré des taux d'adoption de systèmes de dossiers médicaux relativement élevés parmi les médecins généralistes français, plusieurs défis structurels subsistent.
La fragmentation des systèmes existants demeure un problème. Le déclin rapide de plateformes comme AxiSanté a laissé certains cabinets avec des logiciels non pris en charge ou mal maintenus, créant des défis de migration de données et des risques de conformité. La transition des systèmes sur site vers des solutions cloud oblige les cabinets à gérer soigneusement la portabilité des données.
L'interopérabilité entre les soins primaires et secondaires reste incomplète. Bien que les mandats Ségur aient poussé les fournisseurs vers des normes communes, l'échange de données entre les systèmes de médecins généralistes et les systèmes de dossiers médicaux hospitaliers demeure inégal dans la pratique.
La recherche sur la qualité des données de soins primaires en Australie et au Canada a révélé que les taux d'événements cliniques clés étaient considérablement sous-déclarés dans les dossiers de médecins généralistes par rapport aux estimations nationales. Cela reflète le défi plus large de s'appuyer sur les données de soins primaires de manière isolée, et un meilleur lien entre les contextes de soins est nécessaire pour donner une image complète de la santé des patients.
La charge documentaire n'a pas été éliminée par la numérisation. Des études ont montré que donner aux patients un accès en ligne aux dossiers médicaux était associé à une augmentation des tâches administratives et des consultations électroniques. Les outils numériques peuvent autant ajouter que réduire la charge de travail, selon la façon dont ils sont mis en œuvre.
Les disparités en matière de santé numérique sont également à prendre en compte. La recherche en Suisse romande a révélé que les premiers utilisateurs de dossiers patients électroniques étaient principalement des hommes très instruits atteints de maladies chroniques, ce qui suggère que les bénéfices de l'infrastructure de santé numérique ne profitent pas également à toutes les populations de patients.
À quoi s'attendre ensuite : évolution des systèmes de dossiers médicaux dans les soins primaires français
L'évolution des systèmes de dossiers médicaux de soins primaires français reflète plusieurs dynamiques convergentes.
Une intégration plus poussée avec Mon Espace Santé devrait s'intensifier à mesure que l'Agence du Numérique en Santé continue d'appliquer et d'étendre les exigences du Ségur. Le dossier patient national est destiné à devenir un véritable point de continuité entre les contextes de soins, ce qui obligera les fournisseurs de systèmes de dossiers médicaux à investir davantage dans l'échange de données bidirectionnel.
Les flux de travail natifs de l'intelligence artificielle, où la transcription ambiante, le codage automatisé et l'aide à la décision clinique sont intégrés directement dans l'expérience de consultation plutôt qu'ajoutés en tant que modules optionnels, représentent la prochaine phase de développement des systèmes de dossiers médicaux. Libellia de CompuGroup Medical est un exemple précoce de cette approche sur le marché français. La question de savoir si ces capacités offrent des réductions mesurables de la charge documentaire à grande échelle dépendra à la fois de la maturité du produit et de l'adoption par les cliniciens.
La pression réglementaire des cadres nationaux français et des initiatives au niveau européen, y compris l'Espace européen des données de santé, continuera de favoriser la normalisation des formats de données et des exigences d'interopérabilité. Pour les fournisseurs, cela élève le niveau de conformité. Pour les médecins généralistes, cela devrait progressivement améliorer la qualité et l'exhaustivité des données circulant entre les contextes de soins.
Le marché français des systèmes de dossiers médicaux se consolide autour d'un plus petit nombre de plateformes natives du cloud et conformes au Ségur. Le changement structurel s'éloignant des systèmes sur site, illustré par la montée de Doctolib de zéro à 23 % de part de marché en six ans, devrait se poursuivre, les nouveaux entrants se faisant concurrence sur l'expérience utilisateur et les capacités d'intelligence artificielle plutôt que sur la seule conformité.
Questions fréquemment posées
▶ Quels systèmes de dossiers médicaux les médecins généralistes français utilisent-ils le plus ?
En mars 2026, Doctolib Pro détient environ 23 % du marché français des logiciels pour médecins généralistes, ce qui en fait le système de dossiers médicaux le plus utilisé parmi les généralistes. Weda suit avec environ 14 %, MédiStory de Cegedim avec environ 10 % et HelloDoc de CompuGroup Medical avec environ 8 %. Ces chiffres proviennent des transmissions électroniques de feuilles de soins traitées via le réseau SESAM-Vitale, qui fournit une mesure objective de l'utilisation réelle.
▶ Quelles exigences de conformité un système de dossiers médicaux doit-il respecter en France ?
Tout système de dossiers médicaux utilisé dans les soins primaires français doit porter un label Ségur du numérique en santé, qui confirme qu'il répond aux normes nationales d'interopérabilité et d'échange de données. Il doit également être hébergé par un fournisseur détenant la certification Hébergeur de Données de Santé, une exigence légale pour toute organisation stockant des données de santé personnelles en France. La compatibilité SESAM-Vitale est tout aussi essentielle, car elle permet aux cabinets de soumettre électroniquement les demandes de remboursement à l'Assurance Maladie, le système de Sécurité sociale français.
▶ Qu'est-ce que le Dossier Médical Partagé et comment se connecte-t-il au logiciel de médecin généraliste ?
Le Dossier Médical Partagé est le dossier de santé patient partagé national de la France, désormais intégré à Mon Espace Santé, la plateforme nationale lancée en 2022. Tous les systèmes de dossiers médicaux conformes au Ségur doivent pouvoir envoyer des documents vers cette plateforme et en extraire des informations. En pratique, cela signifie que le logiciel d'un médecin généraliste envoie des synthèses de consultation et des comptes rendus vers Mon Espace Santé, où d'autres cliniciens traitants et les patients peuvent y accéder.
▶ Quels facteurs les médecins généralistes français privilégient-ils lors du choix d'un système de dossiers médicaux ?
Les médecins généralistes français prennent en compte plusieurs critères lors de la sélection d'un système de dossiers médicaux. Le label Ségur et la certification Hébergeur de Données de Santé sont des prérequis incontournables. La compatibilité SESAM-Vitale est essentielle pour la facturation. Au-delà de la conformité, les généralistes considèrent la facilité de codage médical, la prise en charge des consultations à distance et virtuelles, ainsi que les fonctionnalités qui réduisent la charge documentaire, telles que la prise de notes automatisée ou la génération d'ordonnances. Les structures tarifaires varient également considérablement entre les systèmes cloud et sur site, ce qui influe sur le coût total d'adoption.
▶ Comment l'intelligence artificielle est-elle utilisée dans les systèmes de dossiers médicaux de soins primaires français ?
L'application d'intelligence artificielle la plus visible dans les systèmes de dossiers médicaux de soins primaires français est la technologie vocale ambiante, qui écoute une consultation et génère automatiquement un brouillon de note clinique. La plateforme Libellia de CompuGroup Medical, lancée en 2025, intègre nativement la transcription vocale. MédiStory de Cegedim comprend un assistant d'intelligence artificielle intégré. L'aide à la décision clinique, où l'intelligence artificielle signale des interactions médicamenteuses potentielles ou suggère des codes de diagnostic, en est à un stade plus précoce de développement en France que dans certains autres systèmes de santé.
▶ Qu'est-il arrivé à AxiSanté et pourquoi sa part de marché s'est-elle effondrée ?
AxiSanté, un produit CompuGroup Medical, détenait autrefois environ 16 % du marché français des médecins généralistes. Les données de marché indiquent qu'il est depuis tombé à moins de 0,2 %. Ce déclin peut refléter des difficultés à suivre le rythme des exigences d'interopérabilité et des attentes évolutives des utilisateurs. CompuGroup Medical a réagi en développant Libellia, une nouvelle plateforme lancée en 2025 qui intègre la transcription vocale et vise à remplacer les anciens produits de son portefeuille.
▶ La numérisation réduit-elle la charge documentaire pour les médecins généralistes français ?
La numérisation ne réduit pas automatiquement la charge documentaire. La recherche a montré que donner aux patients un accès en ligne aux dossiers médicaux était associé à une augmentation des tâches administratives et des consultations électroniques. Les outils numériques peuvent autant ajouter que réduire la charge de travail, selon la façon dont ils sont mis en œuvre. Des fonctionnalités telles que la transcription ambiante et le codage automatisé visent à y remédier, mais la base de preuves de leur impact clinique dans les soins primaires français reste à consolider.
▶ Comment fonctionne l'interopérabilité entre les soins primaires et secondaires en France ?
Les mandats du Ségur du numérique en santé ont poussé les fournisseurs de systèmes de dossiers médicaux vers des normes de données communes, mais l'échange de données entre les systèmes de médecins généralistes et les systèmes hospitaliers demeure inégal dans la pratique. La recherche sur la qualité des données de soins primaires dans d'autres pays a révélé que les événements cliniques clés sont considérablement sous-déclarés dans les dossiers de médecins généralistes par rapport aux estimations nationales, reflétant le défi plus large de s'appuyer sur les données de soins primaires de manière isolée. L'initiative de l'Espace européen des données de santé vise à résoudre l'interopérabilité entre les contextes de soins au fil du temps.
▶ Pourquoi Doctolib a-t-il connu une croissance si rapide sur le marché français des systèmes de dossiers médicaux pour médecins généralistes ?
Doctolib est entré sur le marché de la documentation médicale vers 2019, s'étant déjà imposé comme un outil de prise de rendez-vous largement utilisé. Ses relations existantes avec les médecins généralistes lui ont permis d'accéder au marché des systèmes de dossiers médicaux sans partir de zéro. Pour les généralistes nouvellement installés ou ceux qui utilisaient déjà Doctolib pour les réservations, la plateforme intégrée réduit le besoin de gérer plusieurs systèmes. Il a atteint environ 23 % du marché des logiciels pour médecins généralistes en mars 2026, un changement notable dans un marché où les coûts de changement sont généralement élevés.
▶ Qu'est-ce que l'Agence du Numérique en Santé et quel rôle joue-t-elle ?
L'Agence du Numérique en Santé est l'organisme national français chargé de définir et d'appliquer les normes de santé numérique. Elle publie les cadres de référence auxquels les fournisseurs de systèmes de dossiers médicaux doivent se conformer et supervise le processus de labellisation des logiciels conformes au Ségur. Elle coordonne également les spécifications techniques pour l'interopérabilité avec Mon Espace Santé et le Dossier Médical Partagé. Pour les médecins généralistes qui évaluent les logiciels, le statut de certification de l'Agence du Numérique en Santé est un indicateur fiable de la capacité d'un système à se connecter légalement à l'infrastructure de santé nationale.